Moins d’alcool, plus d’envies : les boissons sans ou peu alcoolisées ouvrent un nouveau rayon aux cavistes
VINIGO vous décrypte un marché qui s’installe : près d’un Français sur deux consomme désormais des boissons « no/low », c’est-à-dire sans alcool ou à faible teneur en alcool. « No/low » est le terme employé par la filière, que vous croiserez de plus en plus souvent dans les salons, les baromètres et la presse spécialisée. Loin d’être un caprice passager, le no/low devient un marché structuré, et le caviste, qui sait conseiller et faire goûter, a de vraies cartes à jouer.
Une demande installée, portée par les « flexibuveurs »
Selon le Baromètre No/Low 2025 (agence Backline pour Degré Zéro, 2 300 personnes interrogées), 49 % des Français consomment des boissons alternatives, contre 39 % un an plus tôt. Le marché est évalué à environ 300 millions d’euros en France, en croissance de plus de 30 % depuis 2022 (Luc Dubanchet, Sirha Food, cité par Le Monde de l’Épicerie Fine).
Le profil dominant n’est pas l’abstinent, mais le « flexibuveur » : près des trois quarts des Français alternent entre alcool et no/low. Le Dry January 2026 a poursuivi son élan, 44 % des Français déclarant vouloir y participer, contre 41 % en 2025 (Observatoire Chavin & CSA).
Et le vin, dans tout ça ?
Le vin sans alcool reste une catégorie émergente mais dynamique : environ 36,3 millions d’euros en 2024, en hausse de 21,5 % en valeur, dont près de 60 % pour les effervescents (Baromètre No/Low 2025 et IWSR, tels que relayés par desalcoolisation.com). Au niveau mondial, IWSR estime que les volumes de boissons sans alcool ont progressé d’environ 9 % en 2025 et prévoit +36 % entre 2024 et 2029.
Côté vins peu alcoolisés, IWSR observe dans les huit grands marchés qu’il suit (dont la France) que les vins à faible teneur en alcool mènent en volume, tandis que les vins sans alcool progressent (IWSR, juin 2026).

Un terrain favorable au caviste
58 % des achats no/low se font encore en grande surface, mais les cavistes spécialisés et les magasins bio gagnent du terrain (Le Monde de l’Épicerie Fine). Les freins cités par les consommateurs sont connus : le goût et la qualité (58 %), le prix (40 %) et la crainte des ingrédients utilisés (15 %). Trois sujets sur lesquels le conseil fait la différence : selon la même source, le développement du marché passe par la pédagogie et la dégustation.
La filière elle-même évolue. Vin & Société a lancé son « French January », appelant à « un juste milieu entre le trop et le zéro », et Fabrice Sommier, Meilleur Ouvrier de France sommelier, résume : « la modération n’est pas une mode, mais une nouvelle façon de consommer ».
Cinq gestes pour se lancer sereinement
– Créer un espace identifié. Quelques références sans ou à faible alcool, bien présentées, suffisent à signaler l’offre.
– Faire goûter. Une dégustation régulière lève l’un des principaux freins : le goût.
– Nommer juste. La réglementation encadre les mentions : « vin désalcoolisé » pour un titre alcoométrique ne dépassant pas 0,5 % vol., « vin partiellement désalcoolisé » entre 0,5 % vol. et 8,5 ou 9 % vol. selon la zone viticole (DGCCRF, Vin de France). La mention « sans alcool » peut compléter la dénomination de vente jusqu’à 0,5 % vol.
– Raconter le producteur et la cuvée, comme pour n’importe quelle bouteille : le no/low se vend aussi par l’histoire.
– Se tenir au courant. Le salon Degré Zéro, dédié aux vins sans ou à faible degré d’alcool, annonçait une déclinaison régionale à Lyon en octobre : de quoi aller voir l’offre de près.
À retenir
Le no/low ne remplace pas le vin : il élargit les occasions de s’attabler. Pour le caviste, c’est l’opportunité d’accueillir de nouveaux clients et de les fidéliser par le conseil.
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Sources
– Le Monde de l’Épicerie Fine : « No/low : 2026, “l’an II” des boissons sans alcool alternatives ? » (5 janvier 2026) — https://monde-epicerie-fine.fr/dry-january-2026-france-no-low/
– desalcoolisation.com : « Le marché des boissons sans ou à faible teneur en alcool » (sources citées : IWSR, Baromètre No/Low 2025 Degré Zéro) — https://www.desalcoolisation.com/Contexte-de-marché-et-Réglementation
– IWSR : « No-alcohol and functional drinks both booming but for different reasons » (22 janvier 2026) — https://www.theiwsr.com/insight/press-release/no-alcohol-and-functional-drinks-both-booming-but-for-different-reasons/
– IWSR : « No- and low-alcohol wine surfs moderation trend » (11 juin 2026) — https://www.theiwsr.com/insight/no-and-low-alcohol-wine-surfs-moderation-trend/
– DGCCRF : « Désalcoolisation des vins – quelles sont les règles relatives à l’élaboration et à l’étiquetage des produits ? » — https://economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques-et-les-faq/desalcoolisation-des-vins-quelles-sont-les-regles-relatives
– Vin de France (interprofession) : « Vin de France désalcoolisé / Désalcoolisation » — https://www.vindefrance.com/pro/reglementation/vin-de-france-desalcoolise-desalcoolisation

